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L’Atelier Hylé, restaurateur de biens culturels et nouveau venu au Viaduc des arts

Mai 2024 39 avenue Daumesnil, Paris 12

L’Atelier Hylé, restaurateur de biens culturels et nouveau venu au Viaduc des arts

Fondé par six restauratrices indépendantes habilitées « Collections des Musées de France » et « Monuments historiques », cet espace dédié entièrement à la conservation et à la restauration de biens culturels en tout genre vient d’emménager au Viaduc des arts.

Ici, objets archéologiques et œuvres artistiques issus de musées, châteaux, églises ou de collections privées passent entre les mains expertes de Diane Beaugnon, Camille Béziers, Raphaëlle Chevallier, Fleur Foucher, Lucille Gaydon et Agathe Petit afin de retrouver une nouvelle jeunesse. Et permettre ainsi aux générations présentes et futures d’admirer ce patrimoine extraordinaire.

Installation au Viaduc des arts

« Puisque notre rôle, c’est de préserver les biens culturels, la notion de transmission fait inévitablement partie intégrante de notre quotidien, assure Fleur Foucher, co-fondatrice de l’Atelier Hylé et responsable « Peintures ». Alors, rejoindre le Viaduc des arts, c’est forcément tout un symbole. »

Car dans ce haut lieu de l’artisanat et du design parisien, la transmission est la clé de voûte. Des métiers rares, parfois oubliés et exercés par des artisans de talent, y sont en effet mis en avant et permettent à ces savoir-faire de continuer à exister.

« Nous sommes presque toutes Parisiennes, alors nous connaissions très bien le Viaduc des arts. Enfant, je m’y promenais en rêvant de pouvoir un jour m’y installer. C’est incroyable de se retrouver aujourd’hui associée à ce nom et de côtoyer tous ces artisans. Beaucoup de nos partenaires y travaillent, ainsi que nos fournisseurs. Ce lieu, bien identifié dans Paris, est tout à fait idéal », continue la restauratrice.

L’Atelier Hylé a inauguré son nouveau local au Viaduc des arts le 25 avril dernier, après avoir passé les dix premières années de son existence rue du Faubourg du Temple, près de République. Dans ce nouvel espace de 95 mètres carrés, les restauratrices bénéficient d’une hauteur sous plafond de 4 mètres, bienvenue pour recevoir des œuvres de grande taille et travailler dans les meilleures conditions. « La luminosité est également exceptionnelle. C’est excellent pour le moral ! », se réjouit Fleur Foucher.

Un atelier pluridisciplinaire

Quatre grandes spécialités sont exercées à l’Atelier Hylé, sous la responsabilité des associées dont la complémentarité, fruit du hasard, est la bienvenue : les arts du feu, avec une expertise sur la céramique, l’émail, le verre et le métal, l’archéologie, les peintures murales et de chevalet, et enfin les œuvres composites, associant différents matériaux.

Pour chacune de ces spécialités, la procédure reste la même. Les restauratrices commencent toujours par un examen diagnostique minutieux, afin de déterminer les traitements de conservation curative et de restauration du bien les plus adéquats. Pour y parvenir, ces expertes font preuve d’une rigueur scientifique qu’on ne prête pas toujours à ce métier, et qui pourtant, est cruciale. « Avant de toucher une œuvre, nous réalisons toute une série de recherches documentaires et scientifiques, notamment à l’aide de tests chimiques. L’idée, c’est vraiment de respecter l’œuvre en utilisant un protocole et des méthodes rigoureuses », précise la spécialiste.

Une fois l’objet restauré, reste encore une étape peu connue mais essentielle : la documentation de l’intervention, pour garder une trace du travail effectué par les conservatrices-restauratrices. « Même s’il nous arrive de travailler sur site, car bon nombre de biens ne peuvent être déplacés, nous passons aussi beaucoup de temps derrière l’ordinateur”, s’amuse Fleur Foucher.

L’Atelier Hylé dispose également d’une cinquième corde à son arc, en parallèle de ses quatre spécialités de conservation-restauration : le conseil en conservation préventive. « Il s’agit d’une discipline à part, qui s’apparente à de l’ingénierie culturelle », explique Fleur Foucher. Elle intervient pour prévenir toute dégradation ou altération de biens culturels, lorsque ces derniers doivent par exemple être déplacés, ou en cas de sinistres comme une inondation ou un incendie. Le conseiller en conservation préventive peut également aider à concevoir de nouvelles réserves, en collaboration avec des cabinets d’architectes.

De l’Antiquité à nos jours

Toutes tailles, matières, origines et époques... Grâce à ses compétences pluridisciplinaires et à la complémentarité des restauratrices qui exercent en son sein, l’Atelier Hylé a contribué à la préservation de biens culturels divers et variés, de l’Antiquité à nos jours.

Certains ont même particulièrement marqué les expertes, comme lorsque Fleur Foucher a réalisé de petites interventions de conservation-restauration sur le très célèbre portrait de Louis XIV, conservé au Château de Versailles, et peint par Hyacinthe Rigaud. « C’était très émouvant d’intervenir sur ce tableau connu de tous, qui figure dans tous les livres d’histoire. J’étais tellement émue que je n’en ai pas dormi les nuits précédentes ! », confie-t-elle.

Une forte émotion a également touché Diane Beaugnon, quand elle s’est rendue en Toscane, dans une tombe étrusque datant du VIe et Ve siècle avant JC. Là, pendant six mois, la restauratrice s’est attachée à trier, classer puis nettoyer divers fragments afin d’en reconstituer, finalement, 48 objets présentés ensuite lors d’une exposition.

Parfois, le travail de conservation-restauration s’étend sur une plus longue durée encore. Lucille Gaydon se souvient tout particulièrement s’être penchée sur plusieurs sculptures du Parc de la Chartreuse, en Haute-Savoie, dont « Promenade sur glace », qui a posé de nombreux problèmes tant les informations sur l’histoire matérielle de l’œuvre manquaient. « Finalement, nous avons dû faire un compromis en retouchant seulement quelques lacunes, raconte-t-elle. Huit ans plus tard, nous avons constaté que notre travail n’avait pas résisté aux intempéries : une nouvelle intervention s’est avérée nécessaire. Au fil du temps, de nouvelles sources documentaires sont apparues, et puis notre première expérience ainsi que la collaboration avec l’équipe du Département de Haute-Savoie nous permet de penser, aujourd’hui, à une intervention plus fondamentale. »

Un travail de longue haleine, mais nécessaire pour que le temps n’ait pas de prise sur ces œuvres, qui continueront à émerveiller les générations futures.

Atelier Hylé
39 avenue Daumesnil, Paris 12
atelier-hyle.com

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